Mubashir Hassan, le pacifiste et ancien ministre des Finances qui vit à Lahore, m’a fait part de ses inquiétudes : il pense que le Pakistan est le genre de pays qui, comme les États-Unis, fera usage de ses armes nucléaires. Il m’a dit avoir demandé à ses dirigeants quand ils pensaient que cet usage serait justifié.
L’un deux a dit : « Quand nous serons gravement menacés. Mais quand serons-nous gravement menacés ? Si l’Inde prend Lahore ?
Nous ne savons pas. Mais si vous lancez une bombe, et que l’Inde lance deux bombes en retour, que se passera-t-il ?
Et alors ? Alors nous mourrons. »
William Langerwieshe. Atomic Bazaar. Éditions Allia
Je parle d’un art qui s’en détourne avec dégoût, las de ses maigres exploits, las de prétendre pouvoir, las de pouvoir, las d’accomplir un tantinet mieux la même sempiternelle chose, las de faire quelques petits pas de plus sur une route morne
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L’expression du fait qu’il n’y a rien à exprimer, rien avec quoi exprimer, rien à partir de quoi exprimer, aucun pouvoir d’exprimer, aucun désir d’exprimer et, tout à la fois, l’obligation d’exprimer
Samuel Beckett dans « Transition N°49″ et « trois dialogues ed Minuit 1998″
C’est comme lorsqu’on assiste à une partie d’échecs entre joueurs de dernière catégorie. Il y a trois quarts d’heure qu’ils n’ont pas touché à une pièce, ils sont là comme deux couillons à bâiller sur l’échiquier, et vous aussi vous êtes là, encore plus couillon qu’eux, cloué sur place, dégoûté, ennuyé, fatigué, émerveillé par tant de bêtise. Jusqu’au moment où vous n’y tenez plus. Alors, vous leur dites, mais faites ça, faites ça, qu’est-ce que vous attendez ? Faites ça et c’est fini, nous pourrons aller nous coucher. C’est inexcusable, c’est contraire au savoir-faire le plus élémentaire, vous ne les connaissez même pas, les types, mais c’est plus fort que vous, c’est ça ou une crise de nerfs.
Samuel Beckett . Eleutheria 1947. Publiée, contre l’avis de l’auteur, de façon posthume en 1995 par les editions « de minuit »
Seule notre époque, l’époque de la mécanisation triomphante, nous permet d’éprouver réellement la pente naturelle de la machine, qui consiste à rendre impossible toute vie humaine authentique.
Baby you’re tired I can see in your eyes I know how you feel
We’ve been together too long to conceal
What’s in you hearts maybe we should part but after so many years
That would only bring loneliness sorrow and tears and anyway
I never could never would never will ever kill what’s between us
So let’s try again we’ll start a brand new dance between old friends
Écouter (extrait):
Chanson écrite par Paul Kennerley et chantée par June Carter et Johnny Cash
Rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite à notre corps et à notre âme créés : cette promesse, cette démence ! L’élégance, la science, la violence.
Arthur RIMBAUD – « Matinée d’ivresse » dans les « Illuminations »
Parce qu’ils font résonner en vous de très lointains échos, parce qu’ils vous installent dans la lenteur du temps, parce qu’ils jouent de vous comme d’un instrument et vous emplissent d’une musique muette, parce qu’en un mot ils s’adressent directement à votre âme sans prêter attention à tous vos masques et déguisements, il est des lieux amis qui vous réconfortent mieux qu’aucun humain ne saurait le faire.